Juin 5, 2018
hmathieu
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CH de Rouvray : la grève de la faim des agents se poursuit

Le conflit entre le personnel et la direction du Centre hospitalier de Rouvray (Normandie), spécialisé en psychiatrie, qui dure depuis le mois de mars, prend de l’ampleur. Depuis 15 jours, des agents ont entamé une grève de la faim. En cause : le manque de moyens pour assurer des soins de qualité.

© Simon Louvet / 76actu                                                   Suivre sur twitter @Louvetsimon et @76actu

Grève de la faim, occupation par une soixantaine d’agents des locaux de la direction : les agents du CH de Rouvray mettent tout œuvre pour se faire entendre. L’intersyndicale CGT-CFTC-CFDT-SUD dénonce « la dégradation des conditions de prise en charge des patients au sein de leur hôpital ».

Une plateforme de revendications a été soumise à la direction du CH ainsi qu’à l’Agence régionale de santé (ARS) mi-avril. Mais le 16 mai, la dernière tentative de négociation avec la direction « n’a pas abouti » fait savoir l’intersyndicale.

 Deux des sept grévistes de la faim ont été hospitalisés le 4 mai au soir « avec un caractère d’urgence », a fait savoir l’intersyndicale. Selon Sébastien Ascoet, délégué syndical CGT, ils « présentent des risques de séquelles irréversibles ». Un quatrième dans « un état préoccupant » les a rejoint ce 5 juin. Et une infirmière, également dans un état préoccupant a arrêté le 4 juin la grève de la faim pour raisons personnelles. Par ailleurs 500 personnes ont organisé le 4 juin une marche en soutien aux salariés du CH. 

Les revendications

Les demandes des agents tiennent en quatre points :

  • la suppression définitive des lits supplémentaires qui constituent une sur-occupation chronique de l’hôpital,
  • une solution immédiate au problème des patients mineurs hospitalisés en unité « adulte »,
  • une augmentation des effectifs (52 postes),
  • l’arrêt définitif des fermetures des structures extra-hospitalières.

Sans réponse « cohérentes », « correctes » et « immédiates » de la direction ou de l’ARS, les agents entendent poursuivre leur mouvement afin d’obtenir « les moyens de faire correctement leur travail » et « d’accueillir dignement les patients hospitalisés dans leur structure ».

Une mission d’appui flash de l’ARS

Le 30 mai, l’ARS a annoncé qu’elle diligentait une « mission d’appui flash » pour trouver des solutions concrètes au conflit d’ici la fin du mois de juin. Cette mission, qui va commencer ses travaux le 6 juin, va être composée d’un trinôme multidisciplinaire constitué d’un directeur d’hôpital, d’une directrice des soins et d’un médecin psychiatre. Cette mission a pour objectifs d’analyser et de quantifier de manière précise les besoins humains et immobiliers nécessaires pour garantir la délivrance de soins de qualité, dans des conditions de sécurité optimales, sur la base de critères objectifs prenant en compte notamment les besoins de soins et la pertinence des hospitalisations.

Cette mission vient en complément des engagements pris à la suite de l’audience de l’Intersyndicale et du comité de grève constitué au sein de l’établissement, le 18 avril, à savoir :

  • un soutien financier pour organiser la prise en charge des détenus relevant d’une hospitalisation,
  • la poursuite des mesures incitatives destinées à favoriser le recrutement de psychiatres,
  • un accompagnement de l’établissement pour améliorer les conditions d’hospitalisation à temps complet des adolescents dans l’attente de la conclusion des travaux engagés dans le cadre du Projet régional de santé.

L’annonce de cette mission serait l’unique réponse obtenue par les agents de la part de l’ARS, du ministère et de la direction depuis le début du conflit. L’intersyndicale regrette ce qu’elle considère comme une « indifférence » des tutelles, extrêmement violente face à la grève de la faim de sept agents, d’autant plus que tous agissent « de manière pacifique ».

Lors des questions au gouvernement, ce 5 juin, la ministre Agnès Buzyn a été interpellée sur la situation au CH de Rouvray. Elle a indiqué que l’audit est en cours, rappelé son engagement sur la création d’une unité spécialisée dans la psychiatrie de l’adolescent et s’est engagée à créer dans cet établissement une unité hospitalière de soins adaptés pour les détenus.

Les actions de la direction

De son côté, la direction, contactée par ActuSoins, ne s’exprime sur le sujet que par la voie de communiqués de presse. Dans un document datant du 24 mai, elle rappelle un ensemble d’actions mises en place pour résorber la sur-occupation des lits suite au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) exceptionnel du 15 avril :

  • le recrutement de cinq personnels contractuels affectés au pool de remplacement pour un redéploiement dans les unités de soins les plus en difficulté,
  • la mise en place d’un dispositif de gestion de crise pour analyser les sorties de patients réalisées la semaine précédente et les motifs qui obligeraient à reporter les sorties d’hospitalisation,
  • l’établissement d’un nouveau mode de sortie des patients de l’Unité d’accueil et d’orientation (Unacor) vers les services de soins : orientation des patients vers les unités du secteur duquel ils relèvent dès le début de l’hospitalisation,
  • la mise en place de plages de consultation d’urgence dans quelques Centres médico-psychologiques (CMP) afin de faciliter les sorties d’hospitalisation et assurer un suivi ambulatoire rapide.

Des soutiens aux grévistes

L’Intersyndicale et les grévistes reçoivent de nombreux soutiens notamment des médecins de l’hôpital, d’agents d’autres établissements hospitaliers, de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ou des politiques. La députée de la France Insoumise, Caroline Fiat, a publié sur son compte Twitter une lettre ouverte à la ministre de la Santé, dans laquelle elle évoque la grève de la faim des agents du CH.

« Vous connaissez la dangerosité de cet acte, et vous pensez que commander un rapport de l’ARS va suffire ? […] Ma question est simple, êtes-vous prête à assumer vos responsabilités pour tous ces actes de maltraitance, et s’il devait arriver un malheur à l’un(e) des grévistes de la faim de Rouvray ? », questionne-t-elle.

Laure Martin

Pour en savoir plus :

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