Mai 31, 2018
hmathieu
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Infirmiers de pratique avancée : les périmètres d’intervention et de formation se dessinent

Hier, sur la Paris HealthCare Week, lors d’une présentation très attendue sur les infirmiers de pratique avancée, la DGOS (Direction générale de l’offre de soins) a précisé les périmètres d’intervention et de formation de ces futurs professionnels. 

Infirmiers de pratique avancée : les périmètres d'intervention et de formation se dessinent

Pour aborder les pratiques avancées, il est d’intérêt d’abord de proposer un bref retour en arrière :  il y a quelques semaines à peine, la dernière version du projet de décret relatif aux missions et au périmètre d’exercice des futurs IPA a été vivement contestée par l’ensemble des organisations infirmières. Déçu par des textes qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux et qui laisseraient peu de place à l’autonomie infirmière, le HCPP les a d’ailleurs rejetés la semaine dernière.

Le projet de décret passe actuellement en Conseil d’État. Il devrait ainsi, dans sa version finalisée, être publié fin Juin.

Un médecin, toujours « en première ligne »

A l’issue de la présentation de la DGOS hier, les périmètres d’intervention des IPA devenaient plus précis : si le médecin reste en « première ligne d’entrée dans le système de santé », les IPA infirmiers de pratiques avancées , tant à l’hôpital qu’en ville, sans être « autonomes », pourront renouveler et réajuster des traitements et prescrire des examens complémentaires. Ils et elles seront pleinement responsables de leurs actes. Néanmoins, « la pratique avancée ne pourra pas s’exercer de façon isolée », a expliqué Cécile Courrèges, insistant sur la dimension de « parcours » et « d’équipe pluri-professionnelle ».

Concernant l’absence d’autonomie des IPA et des incertitudes sur leur marge de manoeuvre, Michel Varroud-Vial, conseiller médical à la DGOS a été clair : « Je pense que ça ne scandalisera personne de dire que la conduite thérapeutique et diagnostique relève des médecins. C’est quelque chose qui doit rassurer les usagers et les patients. Dans la pratique avancée, la première ligne d’entrée restera le médecin », a-t-il insisté. « C’est un choix que nous avons fait dans le système de santé français, ça relève de traditions et d’organisations culturelles. Le médecin peut en revanche confier pour la totalité de la prise en charge du patient, y compris pour le renouvellement de traitement, un patient à une IPA. Si au cours du parcours, la situation se déséquilibre, ce sera de la responsabilité de l’IPA de ré-adresser le patient au médecin ».

Trois formations différentes dès 2018, deux autres envisagées pour 2019 et 2020

Les universités qui ouvriront un master préparant à la fonction d’IPA (une dizaine, espère Cécile Courrèges) devraient être connues en Juin. Les universités auront pour seule obligation de proposer, parmi les trois enseignements possibles en pratique avancée, le cursus intitulé « Pathologies chroniques stabilisées, prévention, polypathologies et soins primaires », davantage axé sur l’ambulatoire. « On souhaite vraiment que les pratiques avancées prennent leur place en ville. C’est la raison pour laquelle on voulait s’assurer que cette formation s’ouvre en septembre 2018. On est au début de l’histoire. On est en train de rattraper un retard par rapport aux autres pays », a expliqué Cécile Courrèges.

Les deux autres cursus en pratique avancée qui s’ouvriront à la rentrée, restent optionnels pour les universités. Ils seront relatifs à l’oncologie et l’onco-hématologie, ainsi qu’aux maladies rénales chroniques, dialyse et transplantation rénale.

Plus tard, d’autres cursus sont envisagés et font l’objet d’une concertation. Ainsi, un parcours en psychiatrie et santé mentale pourrait voir le jour en septembre 2019 ainsi qu’un parcours en santé du travail en 2019 ou en 2020. « On souhaite faire monter en puissance ce dispositif dans les années qui viennent pour mieux répondre aux besoins de la population et mieux accompagner les personnes dans la durée », a précisé Cécile Courrèges.

Passerelles et équivalences

Jusqu’alors, seules deux universités proposaient un parcours en pratique avancée (Aix-Marseille et St Quentin), sans que ces formations aient une reconnaissance officielle. « On va mettre en place des passerelles pour les infirmières déjà formées. Par contre, on n’est pas dans l’optique de faire une reconnaissance totale. Il y aura toujours un minimum de formation à suivre car les enseignements ne sont pas exactement les mêmes. On est en train de définir les modalités pour ces infirmières qui ont déjà suivi une formation universitaire, mais aussi pour les infirmières qui ont une pratique qui se rapproche de la pratique avancée, comme les infirmières Asalée », a expliqué Cécile Courrèges.

Le cursus universitaire sera ouvert à toute infirmière diplômée d’Etat, quel que soit son mode d’exercice, ayant exercé pendant au moins trois ans. Il durera deux ans (quatre semestres), soit un master 2.  Les infirmières libérales intéressées devront exercer dans une équipe de soins primaires. « Elles doivent s’inscrire dans un projet qui leur permettent d’attester de leur plus-value au niveau du territoire », a expliqué Michel Varroud-Vial. Des réflexions sont en cours pour l’indemnisation de ces professionnelles pendant leur formation.

Rémunération

C’est le troisième volet (après le volet sur le cadre d’exercice et sur la formation) de la réflexion relative à la pratique avancée. « Pour l’exercice libéral, il va y avoir une ouverture de négociations conventionnelles, ad hoc, pour permettre la juste valorisation de cet exercice et de la responsabilité qui va avec. Pour les IPA hospitalières, on a une discussion avec la DGFP (Direction générale de la fonction publique, ndlr) pour reconnaître cette responsabilité spécifique ».

A suivre de près…

M.S

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